En Caire contre
le Inonde entire
MERCREDI 15 AVRIL 2009
lJ’aurais voulu
être égyptien
d’Alaa El Asu’anv
(Actes Sud) .
DÉBUT fracassant: dès
les premières lignes,
Issam, le narrateur, se
paie la fiole du dirigeant nationaliste
Mustapha Kamel
(1874-1908), qui proclamait:
"Sije n’étais pas né égyptien,
j’aurais voulu être égyptien. »
Reclus dans un splendide isolement,
notre héros antisocial
vOIllit, lui, son pays et ses
concitoyens, qu’il compare à
des animaux: « Un simple
larbin, l’Oilà ce que c’est qu’un
Egyptien. Je déteste les Egyptiens
et je déteste l’Egypte de
tout mon coeur. "
Il crache sur leur destin
d’humiliés: " l}histoire de
l’Egypte n’est rien d’autre
qu’une succession ininterrompue
de défaites que tous
nous ont infligées, à commencer
par les Romains et à
terminer par les Juifs. " Et de
nous décrire son père, cet
antihéros, en peintre raté qui
se réfugie dans le haschich.
Puis sa mère en malade
égoïste mue par le seul instinct
de survie, dans une
guerre à mort contre la
grand-mère octogénaire :
(… ) si vous dépassez les
quatre-vingts ans, plus personne
ne vous aime (… l. C’est
en quelque sorte comme si
vous provoquiez les autres ».
Ce héros muré dans un
pessimisme noir, qui érige la
haine de soi en interprétation
du monde, rappelle ces
anonymes bien réels qui commettent
soudain un massacre…
En attendant. il démasque
les dévots hypocrites
tel son chef de bureau cachant
la maladie du déSIr
sous le paravent de la religion.
Fasciné par l’Occident













