alaa el aswany : soigne les plaies d’egypte

كتبهاعلاء الأسوانى ، في 29 أبريل 2009 الساعة: 20:50 م

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JEUDI16 AVRIL 2009

Hebdomadaire

Paris match

 

Mahfouz, à ce jour seul et unique Prix

Nobel de littérature du monde arabe.

La vague a été telle que l’homme qui a

popularisé l’immeuble Yacoubian ne

peut plus y remettre les pieds. Il y a pourtant

longtemps vécu heureux et, au

tout début du succès du livre, il y était

accueilli comme un prince. Mais, peu à

peu, l’appât du gain s’empara d’un grand

nombre de locataires ou de propriétaires

de cet immeuble culte qui prenait de la

valeur grâce à un livre. Chacun réclama

sa part de gâteau et El Aswany croula

sous les procès: c’est à qui se reconnaissait

ou croyait se reconnaître dans ses pages.

Le Dr El Aswany me raconte tout

cela en riant, de sa voix ébréchée par une

consommation intensive de cigarettes.

Il est là, à son bureau de marbre, entre

une fraise dentaire et un radio-cassette,

d’où il écoute en écrivant ses deux

idoles: Oum Kalsoum, la grande

chanteuse égyptienne, désormais

mythique, et son équivalent français,

Edith Piaf. Il n’y aura pas de

suite à «Limmeuble Yacoubian »,

mais sans doute bientôt un livre sur

Alexandrie. Et on devrait être loin

de la vision de la ville rose. Il n’est

qu’à voir la manière dont El Aswany a

décrit Chicago dans son avant-dernier

livre. C’est là-bas qu’il a fait une partie de

ses études de médecine dentaire.

Aujourd’hui, il lui arrive encore d’avoir mal aux dents, mais

il sait se soigner. Il a en revanche plus de mal à le faire quand

il a mal à l’Egypte. Et ça lui arrive souvent 1

«II y a un rôle de chirurgie dans la littérature. La chirurgie

c’est quelque chose qui n’est pas vraiment très romantique,

mais très nécessaire. On doit vraiment nettoyer, et, si on doit

opérer, il faut le faire, on ne peut pas dire non. J’essaie dans

mes romans de vraiment opérer toutes les infections qui

existent dans la société.

- Quelle est l’infection majeure de ce pays? Où faut-il

inciser pour que ça aille mieux?

- La maladie en Egypte, c’est la dictature, il y a beaucoup

de symptômes et complications, comme la

corruption, l’intégrisme, le terrorisme… Je

pense qu’on doit vraiment guérir la maladie

pour guérir les symptômes, la seule solution

c’est la démocratie… Il y a deux combats en

Egypte, le plus visible pour la démocratie,

mais il ya un autre combat entre la tolérance,

cette culture égyptienne qui existe maintenant depuis soixante

siècles, et le wahhabisme, cette interprétation très fermée et

très fanatique de l’islam. »

Ce combat, ajoute Alaa El Aswany, il existe dans chaque

maison, dans chaque rue, mais aussi dans le coeur de chacun.

Lauteur de « J’aurais voulu être

égyptien» a choisi.•

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pllr, \11111 1-’.1,1.’\1′1111\’. éd. ,\cles Sud.

200 rages./9.50eullls.

li: 01 41 346000

L.M. : 4206000

« Il y a un rôle

de chirurgie dans

la littérature»

JEUDI16 AVRIL 2009

Hebdomadaire

T.M. : 624855

Q uand l’Egypte se réveille avec une rage de dents, elle

sait où se faire soigner: rue El-Diwan, dansGarden

City, loin des quartiers chics du Caire, naguère très

élégant et très adoré. C’est là que, au 4′ étage d’un immeuble

un peu délabré, j’ai rendez-vous avec le dentiste le plus connu

du monde arabe, Alaa El Aswany, l’auteur d’un best-seller déjà

vendu à 700000 exemplaires dans sa langue originelle, « Limmeuble

Yacoubian ».

Pour tout dire, le Dr El Aswany ne reçoit que deux jours

par semaine mais, le reste du temps, c’est toujours dans son

cabinet, face au fauteuil inclinable où il soigne ses patients, qu’il

continue à écrire ses livres. Le tout dernier paru en France.

« J’aurais voulu être égyptien », date d’il y a une

quinzaine d’années. Un recueil de nouvelles

qu’il a eu un mal fou à publier. Par trois fois,

dans les années 90, il tenta de le faire, mais la

censure l’en empêcha. Il y avait en ces tempslà,

au Caire, un office du livre qui filtrait toutes

les mauvaises pensées. Et le cerveau df\laa El

Aswany en regorgeait. Il osait parler des mandarins de son

métier, d’hypocrisie religieuse, d’adultère et de bien d’autres

tabous qui, sans aborder frontalement les questions politiques,

les effleuraient dangereusement. Et, surtout. il avait traité ses

compatriotes d’insectes venimeux ou de larbins. Et après ça,

vous osez dire que vous ne vous sentez pas vraiment égyptien,

que vous auriez aimé l’être?

Aujourd’hui on regarde El Aswany bien différemment.

C’est qu’entre-temps la déferlante Yacoubian a fait connaître

 

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